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Ce matin j'ai eu mon dernier cours. Bien que le professeur soit sympathique, ça ne valait pas vraiment la peine d'y aller, surtout avec le temps de canard qu'il fait ici aujourd'hui. Il pleut sans arrêt et la température a chuté sous les 10 degrés.
C'est donc le dernier droit qui commence. Je dois d'abord écrire mon examen-maison (deux textes de 1000 mots) et faire la demande d'un revelé de notes pour rapporter au Québec. Dans les deux cas, ça ne devrait pas être trop compliqué.
Ensuite je dois continuer d'endurer mon voisin : il ne reste que deux semaines! Je veux bien être tolérant, mais on dirait qu'il n'a aucun rythme de vie. Je parle ici de mon voisin du dessus, un type qui a le pas lourd et qui me surprend toujours avec des bruits bizarres en plein milieu de la nuit. Environ une fois par semaine, il crie. Juste comme ça. La nuit dernière j'entendais de l'eau couler et des bruits d'eau qui se déplace, comme dans un bain. Il était 3h du matin. Ensuite le gars s'est mis à chanter. On aurait surtout dit des incantations maléfiques. Depuis le temps que je le trouvais louche, j'aurais dû m'en douter que c'était un sorcier...
Je commence également à préparer mes choses. Il faut faire le ménage de l'appartement et trier ce que je rapporte et ce que je laisse ici. Heureusement, je n'ai pas accumulé trop de choses alors ça ne devrait pas être trop dur. Il faut dire que mon séjour à Paris pour Pâques a grandement aidé à réduire la quantité de choses personnelles en Suède. Toutes mes choses d'hiver sont déjà en Paris (manteau, bottes) alors ça réduit nettement le poids des valises.
Enfin, si vous avez des demandes spéciales, c'est le temps de m'en faire part. Si vous pensez que je pourrais trouver quelque chose ici que vous ne trouvez pas ailleurs, vous avez deux semaines pour me le dire.
Voici enfin quelques dates pour vous aidez à vous y retrouver.
16 juin : départ de Linköping et arrivée à Paris
17-20 juin : à Paris, possiblement en train de régler des papiers pour le mariage
19 juin : visite de Lisieux avec papa et Agathe
21 juin : départ pour Antibes, sur la Côté d'Azur, où nous resterons environ une semaine
Voilà que je vous raconte plein de choses sans parler de moi. Bon, soyons honnêtes, ce sont surtout des gens du côté d'Agathe qui lisent le blog et qui postent des commentaires. D'ailleurs, il y a plus d'étrangers que de gens de ma propre famille qui laissent des commentaires sur le blog! Quoi qu'il en soit, il est grand temps que je vous dise un peu ce qui se passe dans ma vie en Suède.
Je viens de reprendre les cours avec le dernier d'une série de quatre. Ça s'appelle 'L'Europe dans le monde' et, fidèle à une mauvaise habitude européenne, on va surtout parler du passé... C'est donc dire que nous parlerons encore du nationalisme (bon, il faut en revenir quand même!), des empires, des colonies etc. Bref, que des choses que chacun aurait dû couvrir au collège ou au lycée. Les gens viennent de moins en moins en classe. Au début nous étions au moins 15 à chaque cours et maintenant c'est beau si nous sommes sept. Il faut dire que le niveau est à pleurer de honte et à se couvrir le visage sous un sac d'épicerie, mais ce n'est pas pour ça que plusieurs personnes ont cessé de venir (car la moitié des étudiants trouvent le moyen de ne pas comprendre, de ne pas se présenter aux examens et de remettre des travaux trois semaines en retard en s'attendant à avoir la même note que tout le monde...). Non, en bon ERASMUS ils font la fête tout le temps. Bref, tout ça pour dire que l'ambiance en classe n'est plus ce qu'elle était au début et seuls les plus sérieux (environ 5 personnes) continuent de se présenter à chaque séance.
Mes cours de suédois avancent, mais j'avoue qu'après mon séjour à Paris j'ai perdu toute motivation. C'est une belle langue, aux accents mélodieux, certes, mais elle ne sert à rien. Il y a environ 10 millions de personnes qui parlent le suédois sur la planète et la plupart de ces personnes parlent très bien d'autres langues, comme l'anglais. En débarquant à Paris, j'ai bien vu que même en Europe, même dans une des villes les plus cosmopolites du monde, le suédois est pratiquement inexistant. Donc, la langue demeure attirante mais sans contact avec des Suédois (il n'y en a aucun dans nos cours) et avec un séjour de quelques mois à peine, la motivation en prend un coup. Pour la première fois aujourd'hui j'ai réussi à enligner quatre phrases de suite, mais c'était du niveau 'Léo et Camille vont à l'école'. Je tente d'écouter la radio dix minutes par jours, mais je ne comprends pas plus qu'il y a deux mois. En tout cas, je n'aurai pas le choix de me plonger dedans au cours des deux prochaines semaines car nous avons un examen maison à préparer.
En fin de semaine Aurélie et moi irons à Göteborg (prononcez Yeut-e-borg), la deuxième ville de Suède et la plus grande ville de Scandinavie qui ne soit pas une capitale. Nous serons hébergés chez Aude, une bonne amie d'Agathe. J'ai bien hâte de voir la ville. La fin de semaine suivante nous irons à Stockholm, chez Audrey, une amie d'Aurélie. En fait elle habite à Upsala, une ancienne ville juste au nord de Stockholm reconnue pour avoir la plus ancienne université de Suède. Je vous redonnerai des nouvelles de ces voyages.
À l'appartement, c'est le bordel total. Non, je fais le ménage régulièrement. Oui, je fais la vaisselle après chaque repas. Il s'agit en fait de rénovations. Les gars commenvent entre 7h et 7h30 le matin. L'autre matin je ne m'en doutais pas, j'étais allé au lit vers 1h30 en me disant que de toute façon je pourrais dormir... Erreur fatale! Voilà mes zélés en train de faire du marteau-piqueur dans la bécosse du gars d'au-dessus (oui, celui qui marche fort et que j'entends bailler violemment à 6h30 le matin quand c'est tranquille) et de la perceuse dans l'appartement à côté. Bref, un tintamarre mécanique dès 7h30. La semaine prochaine ils viennent dans mon appart. J'ai reçu une belle lettre de deux lignes aujourd'hui. 'Next monday we will start renovating your bathroom. We will be there at 7'. Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais je vais devoir aller me doucher dans une cabine à l'extérieur et aller dans un autre bâtiment chaque fois que je dois aller aux toilettes. Je vais peinturer avec eux si il faut, mais j'espère qu'ils termineront ça au plus vite!
En classant des timbres de Suède je me suis intéressé un peu aux souverains suédois. Je ne savais pas que la reine de Suède n'était pas suédoise. Son père était allemand et il était membre du parti nazi. Elle est interprète de métier et parle 6 langues. Elle a rencontré le roi de Suède lors des jeux olympiques de Munich en 1972. Mais comme le type n'aurait pas pu être roi s'il avait marié une telle roturière, il s'est d'abord fait sacrer roi pour l'épouser ensuite. C'est ainsi qu'elle est devenue reine de Suède. En parlant du couronnement du roi, le type souffre de dyslexie. La famille royale n'en a jamais fait grand cas mais en signant l'acte prouvant qu'il devenait bel et bien roi de Suède, il a inversé deux lettres de son nom. C'est fort quand même. Maintenant la famille royale oeuvre pour sensibiliser les gens à la dyslexie. Ils ont eu trois enfants ensemble. Quand le premier est né, c'était une fille. Elle devenait héritière du trône. Mais leur deuxième fut un garçon et c'est à lui que revenait la priorité de la succession au trône, devançant sa soeur aînée. En 1980, l'abolition de la loi salique fit en sorte que c'est la fille aînée qui redevenait l'héritière du trône. Quant au troisième enfant, elle remplie surtout des fonctions symboliques. Elle fait surtout parler d'elle pour sa grande beauté et son élégance naturelle.
Ah oui, je suis allé à Norrköping avec Aurélie lundi. Je mettrai quelques photos.
Bon, ça devrait vous donner une idée sur la façon dont j'occupe mon temps en Suède par les temps qui courent. Vos commentaires ou vos questions sont les bienvenues. Au revoir, et à bientôt.
Des billets gratuits
J'ai travaillé dans une école secondaire (collège-lycée) cette semaine pour donner un coup de pouce aux professeurs d'anglais. Tout s'est très bien passé : les professeurs sont sympathiques, les élèves aussi, et ça paye bien. Je pense pouvoir y retourner à l'occasion.
C'est une école d'un style un peu différent où on met beaucoup l'accent sur l'utilisation de l'ordinateur. Il ne faut donc pas s'étonner d'une majorité écrasante de garçons dans les cours. D'ailleurs, deux des quatre classes dans lesquelles je me suis rendu n'avaient que des garçons.
Le but de l'exercice était simple : il fallait présenter notre pays. Dans mon cas, j'avais préparé une présentation Power Point de 15 minutes sur le Canada. Les jeunes ne connaissaient pas grand-chose du pays alors je débutais vraiment à la base avec eux.
Pendant les pauses (quand même assez nombreuses - c'est plutôt relaxe comme école) je parlais avec les profs dans la salle des profs (qui n'a rien à voir avec celles que j'avais déjà vues : c'est du luxe leur affaire). Une d'elles avait des billets pour le dernier match de hockey de la saison de l'équipe professionnelle de Linköping, la même que nous étions allés voir jouer il y a deux semaines avec nos amis. Comme elle ne pouvait pas y aller, elle cherchait quelqu'un qui aimait le hockey pour y aller. Elle m'a donc donné les billets ! Sur le coup, elle m'a dit quelque chose que je n'ai pas compris avant d'être rendu là hier soir : ''tu auras de bonnes places à côté des supporteurs de Linköping''. Ce sont les mêmes que l'autre soir qui chantaient fort tout le long du match. Bof, ça n'allait qu'ajouter à l'ambiance.
Arrivée au Cloetta Center
Puisque le match commençait à 19h hier soir, Agathe et moi sommes partis relativement tôt pour ne pas être en retard. Rendu sur place, ce n'était pas comme la dernière fois. Alors que nous avions facilement franchi les barrières, cette fois il y avait une foule monstre. Finalement, c'est peut-être parce que nous étions arrivés 5 minutes plus tard que la dernière fois. Aux portes, rien à voir avec la fois d'avant : chaque personne était fouillée, on faisait ouvrir les sacs, enlever les tuques (pour vérifier qu'il n'y avait pas de couteau en dessous je pense) et il y avait une présence policière massive.
''Mais c'est quoi ce match?!'', me suis-je dit.
Enjeux du match
En fait, c'était le dernier match de l'année, ce que je savais (je crois l'avoir déjà dit, mais chaque équipe de l'Elitserien suédoise joue 55 matchs par saisons, contrairement à 82 pour les équipes de la Ligue nationale de hockey en Amérique). Avant le match, Linköping était en 6 position au classement et était déjà assûrée d'une place dans les rondes éliminatoires. Par contre, une défaite les aurait fait chuter à la huitième position, ce qui ferait en sorte que Linköping devrait affronter la meilleure équipe de la ligue lors du premier 4 de 7. Leurs chances d'avancer à la ronde suivante auraient été grandement diminuées. Toutefois, une victoire aurait fait en sorte que l'équipe termine au quatrième rang. Elle aurait donc joué contre l'équipe du cinquième rang, théoriquement de même calibre. Les chances d'accéder à la ronde suivante seraient donc plus grande. Pour l'équipe de Stockholm, c'est beaucoup moins compliqué : une victoire à ce dernier match leur aurait assûré une place dans les rondes éliminatoires tandis qu'une défaite aurait mis un terme à leur saison. L'enjeu était de taille pour les deux équipes.
Des hooligans !
Avec toute cette sécurité aux portes, même en arrivant bien à l'avance, nous avons manqué le début du match. C'est dommage car j'aurais voulu filmer l'hymne national suédois. Nous avons tenté de trouver nos places le plus rapidement possible, mais en mettant les pieds dans l'aréna, j'ai vite compris que les billets donnés prenaient soudainement l'allure de cadeau empoisonné. Certes, nos places étaient parmi les meilleures, juste dernière le filet et juste à côté des partisans chantant de Linköping. Mais elles étaient au coeur d'une bande de hooligans venus de Stockholm, déjà souls et qui ne voulaient pas nous laisser passer. De toute façon, je n'avais même plus envie de passer : les gars étaient déjà saouls et certains tentaient de lancer des projectiles aux partisans de Linköping. Ça puait le malaise à plein nez. Agathe s'est retrouvée prise dans cette foule enragée (car les bancs ne servaient à rien et l'espace derrière le filet contenait beaucoup trop plus de gens que le nombre de places disponibles). Je lui ai fait signe de revenir, mais au même moment l'équipe de Stockholm a marqué un but. Elle s'est retrouvée prise et bousculée dans une foule extatique (bons, c'est peut-être un peu poli, disons plutôt des fuckés ben raide) qui tentaient de pousser les policiers anti-émeute qui avaient toutes les misères du monde à tenter de contenir ces macaques souls.
Plusieurs tentaient d'escalader les clôtures supplémentaires qui avaient été installées pour séparer les partisans de Linköping et ceux de Stockholm. Je n'arrivais pas à avancer pour aller la chercher mais elle a finalement réussi à revenir. Certaines personnes n'ont pas eu cette chance et les policiers ont dû aller les chercher, pour leur propre sécurité.
Trouver une autre place
Dans ma tête, ce n'était pas compliqué : nous allions aller nous installer ailleurs, et si on ne nous laissait pas passer sous prétexte que le billet n'était pas le bon pour la section, je pognais les nerfs. Nous sommes allés nous installer contre une balustrade entre les sections des employés, la section étudiante et celle des chaises roulantes. C'était tranquille, ce qui allait être parfait pour filmer un peu. Nous avions en plus une belle vue sur les hooligans de Stockholm. Je suis allé à l'écart pour enregistrer une petite présentation audio du match et de ses enjeux. J'en ai profité pour parler avec les deux jeunes filles du comptoir de bouffe qui ont gentiment accepté de répondre à mes questions. D'abord, elle m'ont finalement expliqué comment prononcer le nom de la ville contre qui Linköping avait joué lorsque nous étions allé voir le match. Ça s'écrit Skellefteå mais ça se prononce grosso modo hré-lef-tio. Ensuite, elles m'ont exliqué que la situation actuelle n'était pas normale et que ça n'arrive pas souvent à Linköping.
De retour dans l'aréna, j'ai pu filmer un peu notre belle bande de capotés. Vu d'en haut, c'était encore pire que je pensais. Mes chastes oreilles étaient contentes de ne pas comprendre le suédois, car si le champ lexical utilisé épousait la bassesse des gestes à caractère vulgaire, sexuel ou violent, j'aurais demandé de tout arrêter pour les asperger d'eau bénite. Il devait y avoir quarante policiers et agents de sécurité qui étaient déployés en permanence pour les contenir.
Après quelques minutes un employé du Cloetta Center est venu nous voir pour nous demander nos billets. Nous n'étions évidemment pas dans la bonne section. Je lui ai expliqué avec un sourire que nous étions censés nous asseoir ''là'', en pointant le milieu du groupe de hooligans. Il m'a souri et m'a dit qu'il n'y avait pas de problème si nous restions avec eux. À voir la mine déconfite des employés du Cloetta Center quand ils regardaient les pires cas sociaux de Stockholm, nul doute qu'ils allaient sympatiser avec les gens qui étaient venu voir ce qui, malgré tout, a été un excellent match de hockey.
Il y avait tout de même un match !
La tension était aussi palpable sur la glace que dans les gradins. À chaque arrêt de jeu, surtout autour des gardiens, les débuts de bagarres devaient être arrêtées par les arbitres. Vers la moitié de la première période, le capitaine de l'équipe adverse a dû prendre le micro de l'annonceur maison pour expliquer aux partisans et aux joueurs que tout le monde devait se calmer.
Les gens l'ont chaudement applaudi. Il faut dire que environ 1000 amateurs de Stockholm avaient fait le déplacement pour venir à Linköping. La plupart d'entre eux se comportaient très bien. Mais comme toujours, et peu importe le pays, il s'agit de quelques radicaux pour changer l'allure des choses.
Linköping a égalisé en deuxième période et le match était très serré. Les gardiens de but devaient faire de très beaux arrêts pour donner une chance à leur équipe d'espérer la victoire. Au début de la deuxième période, les deux capitaine sont revenus livrer le même message avec le micro. Dans les gradins, des pompiers hors service ont accepté de nous traduire la teneur des propos des capitaines et trouvaient que c'était un beau gage d'esprit sportif. J'ai également eu l'occasion de parler avec d'autres employés de l'aréna (eh oui, je posais beaucoup de questions). L'un d'entre eux était très sympathique et me posait lui aussi des questions sur le Canada et le hockey en Amérique. Il est retourné à son poste en me donnant une amicale tape dans le dos et en nous souhaitant un bon match.
Vers le milieu du match j'ai dit à Agathe qu'il serait sage de partir plus tôt pour éviter d'être pris dans une escarmouche en sortant. Il restait deux minutes au match quand nous sommes sortis. Déjà les forces de l'ordre mettaient leurs casques et se déployaient le long de grillages de fer disposés à l'extérieur de l'aréna.
Une minuscule émeute...
Pour rentrer à la maison, nous avions prévu faire le chemin inverse : marcher au principal terminus d'autobus au centre-ville et rentrer en bus. En arrivant là (à 10 minutes de marche du Cloetta Center), nous avons vu la fin du match sur l'écran géant placé à l'intérieur d'un pub tout en restant dehors. Dans le fond, nous avons vu Linköping marquer dans un filet désert pour finalement gagner 4-2. Au même moment, des sirènes de police se faisaient entendre et des policiers se déployaient sur les quais où nous attendions l'autobus. Au loin, on entendait les cris des spectateurs qui sortaient du match. Ça s'agitait pas mal sur les quais et comme nous avions encore entre 20 et 25 minutes d'attente avant les premiers autobus qui pourraient nous ramener à la maison, nous avons décidé de rentrer à pied. Sage décision ! En lisant les journaux ce matin, nous avons appris qu'il y avait eu des jets de pierre et que les policiers anti-émeute, sur le qui-vive, avaient dû intervenir au terminus de bus.
Mais pourquoi nous parle-t-il de ses premières impressions après trois semaines? Tout simplement parce que j'ai préparé un document général pour mon université au Québec. Comme le document couvre plusieurs aspects de la vie à Linköping, je vous invite à le lire au complet. C'est, dans un sens, tout ce que je n'ai pas écrit au cours de la dernière semaine ! Le texte est un peu long, mais ne manquez surtout pas la section Mythe ou Réalité à la fin.
Bonne lecture !
Préparatifs
Tout s’est très bien passé. Il faut un permis de séjour UNIQUEMENT pour venir en Suède. Ne croyez pas les gens qui vous diront qu’il vous faut un visa en plus. La Suède a un consulat à Québec (dans le Vieux-Québec). Ils sont très sympathiques et très efficaces. Ils se sont occupés de faire parvenir ma demande à l’ambassade à Ottawa. En quatre jours, j’avais mon permis.
Emplacement
La ville se situe à peu près à mi-chemin entre les plus grandes villes de Suède, Stockholm et Göteborg. Elle est en fait sur le trajet de la plus ancienne autoroute de Suède qui reprend d’ailleurs en bonne partie la fameuse route dite Eriksgata (en gros, la route d’Erik) que les rois de Suède nouvellement élus devaient parcourir au Moyen Âge pour se faire reconnaître par leurs nouveaux sujets dans l’ensemble du royaume.
Le climat
La température est plus douce qu’à Québec. Par exemple, en cette fin janvier nous avons moins de 5 centimètres de neige. Habituellement il parait que c’est un peu plus froid à ce temps-ci de l’année.
L’université
L’université de Linköping est, selon les sondages, l’université rencontrant le plus grand taux de satisfaction en Suède, tant chez les étudiants que chez les professeurs. Elle est relativement récente puisqu’elle s’est développée surtout dans les années 70. Elle semble très axée sur les sciences et la haute technologie. D’ailleurs, la compagnie Saab a une usine aéronautique militaire à la périphérie de la ville (plus de 3500 emplois). On entend et voit souvent des avions militaires survoler la ville.
Le campus est moderne à souhait. Il se divise en trois parties : le plus grand campus est à Valla, au sud-ouest de Linköping. Mais attention, quand je dis sud-ouest, il faut savoir qu’il est possible de marcher au centre-ville de Linköping en 30 minutes à partir de ce campus. Le second campus est en fait le centre hospitalier, qui lui est dans Linköping. Enfin, le troisième campus est à Norrköping, à 40 minutes d’autobus du campus de Valla. L’université fournit gratuitement le service d’autobus entre Norrköping et Linköping.
Dès les premiers jours à l’université il faut se procurer la carte étudiante. Pour l’avoir, il faut d’abord payer les frais d’inscription aux associations étudiantes. Ces frais sont obligatoires pour tout le monde, même les étudiants étrangers temporaires qui n’en profiteront presque pas. La carte permet de faire plusieurs choses, dont obtenir des rabais substantiels pour acheter les livres de cours.
Les cours
L’ambiance en classe est encore plus relaxe qu’au Québec, ce qui déstabilise quelques Français. Les professeurs se font appeler par leur prénom et il n’est pas du tout mal vu de reprendre le professeur si ce dernier se trompe. Les cours auxquels je participe sont particulièrement conçus pour les étudiants étrangers. Dans mes classes, je côtoie des gens de la Pologne, de la République tchèque, du Mexique, de la Finlande, de l’Australie, de la France, de la Chine, du Japon, des Etats-Unis, du Danemark et de biens d’autres pays encore.
L’horaire des cours est bien différent de celui de l’Université Laval. Pour éviter que les étudiants se retrouvent avec des fins de session trop chargées, les cours sont donnés un à la fois au lieu de tous en même temps. C’est plus calme comme rythme et ça permet de se concentrer sur une chose à la fois, tout en voyant les mêmes personnes plus régulièrement, ce qui favorise les contacts et les amitiés.
Les cours adressés aux étrangers sont donnés en anglais. Le niveau d’anglais de certains professeurs et de certains étudiants n’est pas très élevé et cela ne devrait pas constituer un obstacle pour un étudiant de la maîtrise à l’Université Laval. Les textes à lire, de même que les livres, sont également tous en anglais.
La vie étudiante
Je ne m’intéresse pas vraiment à toutes les fêtes organisées. Toutefois, il y en a plusieurs par semaine. Il faut payer chaque fois par contre. Plusieurs copains me disent que c’est intéressant au début, mais que ça ne vaut pas toujours le coût. Plusieurs se plaignent d’ailleurs que les étudiants étrangers se retrouvent entre eux tandis que les Suédois restent ensemble.
Avant même d’arriver en Suède, chaque étudiant étranger se voit assigner un peer student. C’est un système bien fait et il y en a un pour tout le monde. Certains développent de bonnes relations dès le début et deviennent amis. D’autres en restent au niveau de bons échanges cordiaux et sont également très bien ainsi. Comme on nous dit ici, la relation avec le peer student n’est pas l’affaire d’une seule personne.
Logement
La vie étudiante est facilitée par la proximité des lieux d’habitation des gens. La grande majorité des étudiants habitent Ryd (prononcer comme l’anglais rude). C’est une petite ville étudiante à 20 minutes de marche au nord de l’université. J’ai eu de la chance pour me dénicher un appartement via une sous-location. L’appartement a été rénové l’an dernier et tout est neuf. Sinon, la plupart des étudiants vivent dans les corridors, l’équivalent des résidences. Bien qu’ils soient tous semblables, la qualité de la vie dans les corridors varie selon ces derniers. Chez un copain polonais, tout est plus vieux et la cuisine commune est toujours en chantier. Chez une autre amie française, tout est neuf, la cuisine est propre et le selon a été équipé d’une télévision neuve. Chaque chambre possède sa propre salle de bain privée. Les chambres sont plus neuves que celles des résidences de l’Université Laval. Il y a aussi moyen de se trouver du logement au centre-ville, mais je ne connais aucun étudiant qui choisit de le faire puisque Ryd semble être le lieu étudiant tout désigné.
Ryd
Ryd a tout le nécessaire pour vivre : une épicerie, un bureau de poste, une église (luthérienne, comme la plupart des églises en Suède – pour la catholique, il faut aller au centre-ville), des pistes cyclables et pédestres qui vont directement à l’université ou en ville et des terrains de sport en plein centre de Ryd. Tout est à cinq minutes de marche dans Ryd. Juste à côté, il y a une forêt qui sépare le centre-ville de Linköping de Ryd. On y trouve des sentiers éclairés, idéaux pour la marche, le vélo ou le jogging. Les voitures ne circulent pas vraiment au cœur de Ryd ce qui permet de vivre dans un environnement sans bruit et sans gaz de voitures !
Alcool
En Suède on peut acheter de l’alcool comme de la bière dans les épiceries, mais seulement lorsqu’elles ont de faibles pourcentages d’alcool (ex : 3,2 %). Pour avoir des bières plus fortes ou pour acheter tout autre type d’alcool plus fort, il faut aller à la commission des liqueurs.
Tabac
Pour la cigarette, les lois sont très semblables à celle du Québec. Ce qui n’empêche pas les gens de fumer par contre. Plusieurs Suédois consomment plutôt un produit de substitution qu’ils appellent snus. Ça ressemble à une toute petite poche de thé contenant du tabac. On la place entre la gencive et la lèvre. Il y en a de toutes les saveurs.
Vélos
La plupart des gens ont des vélos ici. Ça remplace la voiture. En fait, la ville est conçue pour les vélos, et particulièrement le campus et Ryd. On peut en trouver des usagés pour moins de 100 dollars canadiens. Par contre, les lois sur les réflecteurs et les lumières de vélos sont hyper strictes. Quelqu’un qui n’a ni lumière, ni réflecteur et qui se fait prendre par la police peut payer des amendes pouvant facilement totaliser plus de 200$.
Mythe ou réalité ?
La vie est chère en Suède
Réalité. Ce n’est pas la fin du monde et les prix semblent raisonnables, mais c’est vrai que c’est cher. Par exemple, ce qui peut coûter 10$ au Canada coûtera ici 100 couronnes. Par contre, 100 couronne = environ 17$.
La bouffe est dégueulasse
Mythe. C’est une rumeur entendue de la bouche de plusieurs Français avant d’arriver ici. On trouve de tout ici, avec des variantes. Les Suédois aiment bien les boulettes de viande, les cornichons et les betteraves marinées et les patates. Le pain est bon mais il se présente sous différentes formes. Le yogourt ne doit pas être confondu avec ce qu’ils appellent ici du vieux lait, qui a même goût que le yogourt, mais en plus aigre et plus liquide. Les légumes sont frais et ils ont une bonne sélection de fruits. Il y a aussi des sections bio dans les épiceries.
Tout le monde parle anglais en Suède
Mythe. C’est faux que tout le monde parle anglais en Suède. Les jeunes le parlent très bien, mais plusieurs adultes ont de la misère. Ils vont comprendre assez bien, mais ne seront pas capables de répondre. De plus, les choses sont bilingues en Suède mais pas avec l’anglais ou le français. Pour faire les courses, c’est un peu difficile parfois.
Les Suédois sont froids
Mythe. Selon mes observations, cette perception dépend beaucoup de la personne. Par exemple, j’ai rencontré des Suédois très extrovertis. Mais j’en ai aussi rencontrés des plus renfrognés. En toute honnêtement, je trouve que les Suédois ressemblent beaucoup aux citoyens de Québec dans leur attitude.
Les Suédois aiment vivre nus
Mythe. La température ressemble à celle de Montréal en hiver.
Le soleil se couche tôt en Suède
Réalité. En hiver, il y a peut-être deux heures de luminosité de moins qu’à Québec. Mais on n’a pas l’impression de vivre dans une nuit permanente pour autant. En janvier, il fait noir à 16h.
Jeudi, 18 janvier
Jeudi matin nous sommes partis à la découverte du centre de Ryd. Ce qui nous paraissait être loin n'était finalement qu'à 8 minutes de marche... Nous y avons découvert un Hemköp (en suédois, le K donne un 'ch' français et le ö donne un 'eu' - maintenant vous savez comment prononcer Linköping ET Hemköp !). En passant, Ryd, où nous habitons, est un quartier résidentiel à l'ouest de Linköping.
Je vous les ai surlignés en plus clair. Le centre de Ryd (Rydscentrum) est plutôt petit mais il y a l'épicerie Hemköp. Il y a aussi de petites boutiques et nous avons pu acheter une carte téléphonique pour appeler en France et au Canada. Pour 100 couronnes (environ 10 euros), ça nous donne 1800 minutes pour le Canada. Plutôt efficace ! Donc si vous souhaitez vous faire appeler, envoyez-nous votre numéro de téléphone par courriel !
Comme la découverte de Rydscentrum n'a pas été aussi longue que prévue, nous en avons profité pour faire quelques photos de l'appartement à l'extérieur et à l'intérieur.
Presque tout Ryd ressemble à ces photos en ce qui concerne les appartements. Il y a aussi des champs et des forêts (que vous pouvez deviner sur la carte ci-haut en regardant attentivement. Vous en aurez un aperçu photo plus tard.
Les photos de l'intérieur ont été prises vers midi.
Nous avons déniché une boisson gazeuse que nous ne connaissions pas au supermarché l'autre jour et nous y avons gouté hier. Pour les Québécois, je dirais que ça ressemble à un mélange de Coke aux cerises et à la vanille, mélangé avec du nectar. C'est moins sucré et moins gazé par contre. En fait, c'est plutôt bon. Regarder encore la superbe étiquette.
Ensuite, la laitue que nous avons achetée était tellement fraîche qu'elle venait même encore dans son pot !
Enfin, le voisin a trouvé une idée originale pour laisser son chat aller et venir librement même s'il habite au dernier étage : une échelle à chat !
Vendredi, 19 janvier
Ce matin nous sommes allé faire faire ma carte étudiante à l'université, ce qui fut... ordinaire. C'est long ici avant de compléter toutes les étapes pour finalement être un étudiant complètement inscrit, avec sa carte, ses entrées et tout. Ils gagneraient à tout faire faire en même temps, au lieu d'étendre les étapes sur plusieurs jours avec des heures d'ouverture bizarre (dans le style le mardi de midi à 13h). De l'université, nous avons ensuite marché jusqu'au centre-ville de Linköping, une marche d'une demi-heure. Nous étions à la recherche d'une banque pour ouvrir un compte ici pour payer Margaretha. En Suède, on n'utilise pas de chèque pour payer, tout se fait par virement.
Linköping n'est pas bien grande et tout se marche. Nous avons découvert le quartier des boutiques, un petit coin bien sympathique.
S'il y a des choses faciles à trouver en Suède, ce sont bien les bonbons. Il y en a partout et des magasins entiers se consacrent à leur vente. Je me suis fait dévisagé pour prendre cette photo (comme pour bien d'autres d'ailleurs ; je crois que les gens de Linköping ne sont pas trop habitués à voir des touristes, du moins pas des touristes qui prennent le genre de photo que nous faisons) :
Pour finir, voici des photos qui feront sourire ceux savent de quoi il s'agit. Sur la première, j'ai été étonné de voir que Keroro Gunso était populaire en Suède, tandis que sur la deuxième j'ai trouvé un rival au défunt Wok and Roll de Québec (un restaurant chinois) en matière de jeu de mot poche sur le thème « wok ».