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Bon, il fallait un s'y attendre mais certains Québécois n'ont pas aimé la couverture journalistique des élections présidentielles françaises. Encore une fois ce matin je lisais la lettre d'opinion d'un prof d'histoire (la plupart sont des séparatistes convaincus) qui critique ce qu'il appelle la colonisation volontaire des Québécois face à la France. Évidemment, il a fallu qu'il déterre les Plaines d'Abraham, notre histoire de colonisés (d'ailleurs, il reste beaucoup de colons au Québec...) et notre attachement à la France. Ça pue quoi? Ça pue le Québécois moderne qui a construit son identité dans les années 60 et 70 en rejetant tout ce que nous avions comme tradition, y compris la religion, pour fonder ses espoirs sur des projets de séparation dans un pseudo modèle social-démocrate qui n'attire plus (tout comme la séparation, qui n'a de toute façon jamais tenté plus d'un Québécois sur deux...). Par contre, aussi détestable puis-je trouver un tel texte, son avant dernier paragraphe est digne de mention puisque c'est le seul qui renferme de bonnes observations 'objectives'. Il critique en effet le manque d'intérêt des médias francophones au Canada pour les autres questions européennes, pour les autres pays d'Europe et pour des enjeux qui modèlent davantage le monde du XXIè siècle. Sauf que là, ce n'est pas en critiquant la couverture des élections françaises que le problème se règlera, mais en utilisant plutôt nos forces pour critiquer le puit d'imbécilités qu'est devenu Radio-Canada (surtout à la télé), le fait que les Québécois prennent la plupart de leurs informations à la télévision et que dans une capsule de 1:30 min. il est plutôt difficile d'expliquer quelque chose de complexe (comme un problème aux institutions européennes, par exemple), la presse écrite québécoise qui est concentrée majoritairement dans les mains de deux compagnies, etc. Bref, je dis bravo si les élections françaises ont été suivies au Québec (de toute façon, selon la logique du type il ne faudrait pas parler autant des conflits au Moyen Orient puisque ça ne nous concerne pas).
Voici son texte : lien
Alors que les championnats mondiaux de hockey sur glace se tiennent en Russie, le choix du capitaine de l'équipe canadienne choque. En effet, quelle ne fut pas la surprise de bien des francophones canadiens de voir que Shane Doan a été choisi pour remplir ce rôle hautement symbolique. Cela crée une telle polémique que les Libéraux et le Bloc québécois ont condamné ce choix.
Shane Doan aurait, lors d'un match à Montréal en 2005, tenu des propos racistes envers les arbitres francophones. La Ligue nationale de hockey (ligue pour le Canada et les États-Unis) avait décidé de ne pas sévir contre lui. Il faut dire qu'il y a au Canada un certain silence complice pour de tels propos lorsqu'ils sont dirigés à l'endroit de francophones dans les milieux sportifs. En effet, la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) continue de donner une place de choix à Don Cherry, un ancien entraîneur recyclé en commentateur sportif, même s'il s'est souvent fait remarqué pour des propos peu flatteurs envers les joueurs Canadiens français et les joueurs européens. Le problème, c'est que CBC est une société d'État financée par les contribuables...
Alors que l'histoire du capitaine de l'équipe de hockey naitonale fait parler au Canada, une histoire de tensions nationales encore plus vives se déroule en Estonie. La décision d'enlever une statue de soldat soviétique deplait énormément à la population russophone d'Estonie, qui compte pour le quart de la population totale. Alors que ces derniers y voient un symbole de lutte contre le nazisme, plusieurs estoniens considère qu'elle évoque plutôt l'occupation soviétique qui s'est terminée en 1991.
La capitale, Tallinn, en est à sa deuxième nuit d'émeutes.
Comme quoi les symboles continuent d'attiser des tensions nationales. Alors qu'au Québec le terme nationalisme est plutôt synonyme de souveraineté, il continue d'évoquer un lourd passé sanglant que les Européens tentent d'oublier. Par contre, il n'est jamais très loin...
Allez voir ce texte paru dans Le Devoir : Un Nationalisme en chasse un autre.
Un professeur d'histoire du CÉGEP du Vieux-Montréal livre son analyse des dernières élections au Québec au regard des tendances nationalistes. Il fait la différence entre un nationalisme conservateur axé sur des valeurs plus traditionnelles qui ferait un retour en force et un nationalisme libéral tendant vers la gauche qui serait présentement en perte de vitesse. C'est un texte bien écrit qui permet de jeter un regard différent sur notre histoire nationale.
Pour les Français, Mgr Bourget était l'évêque de Montréal, Duplessis fut premier ministre du Québec et l'histoire se souvient de lui pour ses positions conservatrices (juste avant la Révolution tranquille) et Mario Dumont est à la tête de l'Action démocratique du Québec, un des trois principaux partis politiques provinciaux qui se retrouve présentement chef de l'opposition officielle au parlement à Québec. Les votes accordés au Parti québécois (parti séparatiste) sont à leur plus bas pourcentage en 40 ans.
Juste après des élections provinciales étonnantes au Québec, voici que ce que certains appellent 'l'énigme Québec' refait surface. Il s'agit de l'incompréhension des Montréalais face à la deuxième plus grande ville de la province, la capitale. Voici encore une fois un texte paru dans le journal Le Devoir qui traite de la question des différences entre ces deux villes.
http://www.ledevoir.com/2007/03/29/137338.html#
Une clé pour résoudre l'énigme «Québec»
Denis Blondin, Anthropologue
Édition du jeudi 29 mars 2007
Vue de Montréal, la ville de Québec semble de plus en plus incarner le fantasme de la campagne arriérée ou du «Québec profond». On prend plaisir à comparer la mairesse Boucher aux élus d'Hérouxville, la mention du Bonhomme Carnaval demeure une recette infaillible pour déclencher l'hilarité et Gérard D. Laflaque voudrait même fonder un nouveau parti pour se séparer de Québec. [...]
Cliquez sur le lien pour voir la suite.
http://www.ledevoir.com/2007/01/27/128885.html
Voici une lettre publiée dans le journal Le Devoir au sujet des symboles chrétiens dans la vie publique québécoise. Je crois que l'auteur a su mettre le doigt sur le bobo. Ceci fera peut-être sourire certains Français, dont les lois rendent vain depuis longtemps un tel débat.
Écrite par M. Yves Saint-Denis de Hawkesbury
Publiée dans l'édition du samedi 27 janvier et dimanche 28 janvier
Titre : Crucifix et culture
Les accommodements déraisonnables se multiplient. Les Québécois n'en finissent plus de rogner, de gruger dans l'essence même de leur culture. Au nom du grand éteignoir qui a pour appellation la rectitude politique, le Québec, qui devrait consacrer toutes ses énergies à s'affirmer en tant que pays français d'Amérique, se barbouille de plus en plus des teintes délavées du nationalisme civique. Même que le chef du parti politique qui doit conduire le pays à son indépendance parle maintenant d'enlever le crucifix, un symbole inaliénable de la culture québécoise, du mur de l'Assemblée nationale.
Plus que le symbole chrétien par excellence, le crucifix fait partie
inhérente de la culture québécoise. Les trois composantes qui font
intrinsèquement partie de la culture canadienne-française et, partant,
québécoise sont la langue, la foi et l'histoire. La pratique religieuse
traditionnelle, qui commandait l'observance du précepte dominical, est
une chose. Le catholicisme qui a présidé aux fondements même de ce pays
et particulièrement de sa métropole montréalaise en est une autre. Les
Canadiens français ont déjà trop perdu de symboles, que ce soit la
feuille d'érable verte, symbole des Patriotes révolutionnaires, le
castor industrieux ou encore l'hymne national. L'automutilation,
pratiquée hélas par des descendants aux réminiscences de colonisés, a
assez duré. Gardons le crucifix!